Ma chanson préférée

Raquel, mai 2020

Gavroche, Giuseppe (feat. Raquel, Nico)

Version Italienne
non ti sembra un po’ strano
questo piccolo corpo
cosi’ grandi le cose
che ci sono da fare
deve già faticare
per trovare un boccone
o dieci minuti
per poter giocare


come cambiare dimmi
come salire dimmi
come vedere dimmi tu


non ti sembra un po’ troppo
per queste piccole mani
tutta questa fatica
una vita da cani


non conosce la scuola
c’é solo la strada
ed ha voglia di correre
e non di scappare


come sperare dimmi
come guarire dimmi
come riuscire dimmi tu

Version Française
Ça ne te semble pas un peu étrange
Pour ce petit corps
Tellement grandes sont les choses
Qu’il a à faire
Il doit déjà lutter
Pour trouver une bouchée
Ou dix minutes
 Pour pouvoir jouer

Comment changer dis-moi
Comment monter dis-moi
Comment voir dis- le moi

Ça ne te semble pas un peu trop
Pour ces petites mains
Tout cet effort
 C’est une vie de chiens

Je ne connaît pas l'école
Il n'y a que la route
Et je veux courir
Mais je ne veux pas fuir.

Comment espérer dis-moi
Comment guérir dis-moi
Comment réussir dis-le moi.

Nom de la chanson : Gavroche
Auteur : Giacomo Amoroso
Interprètes : Nico, Raquel
Année : 2018

J’ai grandi à Djibouti, une ancienne colonie française en Afrique. Tous les jours en allant à l’école je passais devant des enfants en recherche de nourriture. Avec ma mère, on leur emmenait des bouteilles d’eau, du pain et souvent aussi des vêtements. Mais malgré ça, toutes les fois que je les voyais j’avais mal au cœur. Quand je suis arrivée à Bruxelles, j’ai commencé les cours de théâtre.  La deuxième année j’ai dû jouer Gavroche dans Le bossu de Notre Damme et j’ai dû interpréter cette chanson avec mon frère qui jouait un enfant morveux. Cette chanson n’est pas ma chanson préférée mais à chaque fois que je l’écoute, je me souviens de ces pauvres enfants sans rien à manger, tous seuls dans la rue… Elle me touche particulièrement car en jouant le rôle de Gavroche, j’ai ressenti une part des émotions que ces pauvres enfants devaient ressentir. Je me suis sentie égoïste pour toutes les fois où je ne voulais pas finir mon assiette ou pour les fois où j’ai demandé des cadeaux à mes parents que je n’ai jamais utilisés. Je me dis que vivre dans une maison avec un toit, manger trois repas par jour et étudier dans une école internationale sont des privilèges que pas tous les enfants ont.